Bienvenue au milieu des herbes folles et des fleurs qui se balancent sous le vent, là où des milliers de sauterelles bondissent à chacun de nos pas, là où l'ombre des nuages défile à toute allure, là où l'air, la terre, le feu et l'eau possèdent l'âme et enflamment l'imaginaire...
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18 août 2014
31 janv. 2014
Reflets et sortilèges
Je vous ai déjà parlé de la forêt
des frères échevelés, et des mares mystérieuses qui s'y trouvent.
Dans l'une d'elle se reflète un magnifique pin. Assise au bord de la
mare je m'étonnais que le reflet soit plus net que la réalité,
quand une vision m'est venue.
Deux jeunes bûcherons s'approchent de la mare parce qu'ils ont cru apercevoir une jeune fille. Alors qu'ils sont au bord, l'un deux glisse et se retrouve englouti par l'eau glacée et incroyablement profonde. Il entend une voix qui lui dit que s'il continue à couper les arbres de la forêt les eaux du monde entier le dévoreront. Puis il se retrouve au bord de la mare aussi subitement qu'il y était tombé, comme si rien ne s'était passé, mais le coeur saisi d'effroi. Son compagnon le regarde et ne comprend pas pourquoi il a l'air si effaré...
Le vent a soufflé, effaçant les deux garçons de la surface de l'eau et de mon esprit.
Deux jeunes bûcherons s'approchent de la mare parce qu'ils ont cru apercevoir une jeune fille. Alors qu'ils sont au bord, l'un deux glisse et se retrouve englouti par l'eau glacée et incroyablement profonde. Il entend une voix qui lui dit que s'il continue à couper les arbres de la forêt les eaux du monde entier le dévoreront. Puis il se retrouve au bord de la mare aussi subitement qu'il y était tombé, comme si rien ne s'était passé, mais le coeur saisi d'effroi. Son compagnon le regarde et ne comprend pas pourquoi il a l'air si effaré...
Le vent a soufflé, effaçant les deux garçons de la surface de l'eau et de mon esprit.
21 déc. 2013
30 nov. 2013
29 juin 2012
12 déc. 2011
Reflet d'un jour
L'eau de la rivière renversait l'image des cimes des arbres, des toits et des croix. Des saules aux troncs noueux semblaient contempler ce merveilleux reflet : les uns se dressaient sur la berge, d'autres se penchaient sur l'eau où baignaient leurs branches et leur feuillage, enchevêtrés d'herbes aquatiques qui flottaient parmi des nénuphars jaunes.
Nicolas Gogol - Les âmes mortes
27 août 2011
3 juil. 2011
A la rivière
Il fait si chaud ! Si nous allions nous rafraîchir à la rivière ? Dans les chemins creux souffle un vent chaud imprégné du parfum des chèvrefeuilles, au passage nous grappillons des framboises et des merises noires délicieuses. La prairie est brûlante, suffocante, les sauterelles sautent d'herbe en herbe comme autant d'étincelles, d'ailleurs, signe d'orage, de gros cumulonimbus pointent leur nez à l'horizon. Le chant de l'eau se fait de plus en plus clair et le parfum de la reine des prés flotte dans l'air. La rivière est là... Nous marchons dans l'eau tiède, attirés, hypnotisés, par le miroitement des pierres. Nous nous asseyons sur une grosse pierre pour regarder les libellules bleues voler et nous laisser bercer par le flot de l'eau, Le tonnerre nous fait soudain sortir de notre douce torpeur. Vite, il faut rentrer ! Nous avons tout juste le temps de cueillir de la reine des prés pour les tartes Dame Tartine.
18 juin 2011
L'étang aux digitales
Les eaux de l'étang autour duquel nous nous promenons aujourd'hui sommeillent sous la protection de grandes digitales pourpres qui se balancent doucement sous le vent chaud de cette fin de printemps. Ce même vent qui apporte de la rive d'en face le parfum des tilleuls et le chant des grillons de la prairie.
Avec les elfes nous faisons le tour de l'étang en regardant les nuages se refléter dans l'eau et nous lisons les plus beaux passages de “Walden” de Thoreau : “L'Etang Blanc et Walden sont de grands cristaux à la surface de la terre, des Lacs de Lumière. Fussent-ils congelés de façon permanente, et assez petits pour qu'on s'en saisisse, qu'ils se verraient sans doute emportés par des esclaves, telles des pierres précieuses, pour aller adorner les têtes d'empereurs” ou bien encore : “Combien plus beaux que nos existences, combien plus transparents que nos personnages ! D'eux nous n'apprîmes jamais la bassesse. “
Dame Tartine nous attend au bout de l'étang avec un panier rempli de petits pains au sureau et des framboises recouvertes d'une montagne de chantilly que nous savourons en regardant les poissons sauter joyeusement en l'air.
29 mai 2011
1 mai 2011
9 déc. 2010
Le repos de l'eau
"Le vieux shaman a déclaré que les fleuves et les rivières étaient les vaisseaux et les veines de Dieu, et l'eau son sang précieux. Les lacs constituaient les lieux où son sang se reposait de la fatigue due à l'acte incessant de la création."
Jim Harrison - Une Odyssée Américaine
Chut ! ... L'eau dort !
23 juil. 2010
Qui es-tu ?
Je t'aperçois toujours dans la lumière du soir, bondissant de pierre en pierre au milieu du ruisseau qui traverse la prairie.
Qui es-tu beau et mystérieux chat gris fasciné par l'eau ?
As-tu des maîtres quelque part dans le village en bas de la colline ou bien es-tu un véritable chat sauvage ?
As-tu quitté les tiens par amour de l'eau qui chante ? As-tu suivi un jour une libellule enchanteresse ? As-tu été charmé par une ondine ? As-tu été ensorcelé par les rayons du soleil qui miroitent sur l'eau et avec lesquels tu joues ? Es-tu parti à la recherche de ces fabuleuses truites arc-en-ciel qui illuminent les cours d'eau et dont tu as si souvent entendu les pêcheurs parler les soirs d'hiver au coin du feu ?
Un soir alors que je guettais ton apparition, j'ai senti un regard intense posé sur moi, tu étais là, tout près, à m'observer derrière un rideau de feuilles, puis, aussi silencieusement que tu étais venu, tu es retourné vers ton ruisseau.
Qui es-tu beau et mystérieux chat gris fasciné par l'eau ? Réalité ou mirage ?
16 mars 2010
La traversée de l'étang
Il arriva au bord de l'eau au moment où la lune était au plus haut de la nuit. Il marcha dans le marécage. Des nichées de canards s'envolaient et retombaient. Il entra dans l'eau et quand le froid toucha son ventre il mugit de plaisir. Alors, du fond du bois, la biche lui répondit. Il nagea vers le large de l'étang où la lune s'était écrasée et rebondissait en jets de lumière. L'eau froide battait ses babines et ses yeux. Ses jambes profondes fouillaient l'eau. De chaque pointe de ses sabots montaient des grappes de bulles, étincelantes comme des étoiles et sans cesse renouvelées. Les grosses carpes dormaient à fleur d'eau. Elles sautèrent en l'air toutes à la fois, faisant plus de bruit et d'écume qu'un autre cerf en train de nager et elles se mirent à fuir devant la bête. Elles ne pensaient pas à plonger mais elles nageaient en surface avec leur dos hors de l'eau. La lumière de la lune allumait leurs écailles que les petites vagues éteignaient sous de l'écume bleue.
Alors, le cerf sentit sous son ventre toute la profondeur de l'étang, une profondeur qui faisait poids et bloc sous lui et qui balançait la profondeur du monde dans la balance. Il vit des poissons longs qui semblaient verts, puis étaient blancs, sautaient rouges et se renfonçaient noirs avec de grandes gueules ouvertes sur des dents éblouissantes comme des scies. Il vit de grandes lianes immergées, féroces et souples comme des serpents et comme toutes faites en bois d'ombre, si puissantes qu'elles étaient remontées jusqu'à deux doigts de la surface, et on les sentait plantées dans le fond mortel de l'étang. Elles avaient de larges feuilles pâles. Il vit des petits poissons d'argent. Il vit des anguilles brunes. Il vit flotter des écrevisses. Il vit s'enfoncer, pattes repliées, une longue araignée d'eau maigre comme un fil de la Vierge mais qui traînait un chapelet de bulles d'air et dans chaque bulle d'air était enfermée une petite araignée toute neuve qui venait à peine de naître. Il vit un cadavre de rat tout mangé et un petit poisson qui tirait pour dérouler un bout de boyau. Il vit l'argent de l'écume qui pétillait dans ses babines. Il vit le grand globe des poissons, des plantes, des rats, des arbres, des biches et des cerfs.
Alors, il mugit.
Les renards s'arrêtèrent sur tous les chemins, écoutèrent, répondirent et se mirent à courir. Les blaireaux grognèrent. Les loutres commencèrent à miauler en s'aiguisant les griffes contre les troncs des saules, les hulottes s'appelèrent. Les écureuils crièrent dans les branches, les rats coururent comme des fous dans les marais en bousculant les roseaux, les canards s'envolèrent encore et retombèrent, les belettes, les mulots, les sauterelles, les lézards, les scarabées et les grands papillons de nuit crièrent; les couleuvres silencieuses dardèrent leurs têtes allumées au-dessus de leurs oeufs. Et la biche appela longuement, longuement, avec une grande voix chaude pleine d'amour.
Quand il prit terre de l'autre côté, le monde s'apaisait et peu à peu s'établit le silence. Il écouta. Il frissonnait. L'eau s'égouttait de ses poils, claquait sur les pierres du bord. Il traversa et retraversa l'étang plus de vingt fois, et, à la longue, tous les poissons allèrent s'enterrer au plus profond des trous et il fut tout seul dans l'eau avec le reflet de la lune. Et chaque fois il mugissait. Et chaque fois le vaste monde lui répondait. Enfin, vaincu de fatigue et si brûlant de joie qu'il fumait comme un brasier, il se coucha dans l'herbe. Le jour se levait. Il vit arriver la biche. Il ne pouvait plus bouger. Il ne voulait plus bouger. Il gémit vers elle. Elle vint lui lécher doucement le museau, soigneusement, de tous les côtés, comme s'il avait été un tronc d'érable ruisselant de sève douce. La clarté du jour monta et s'établit. La biche entra dans l'eau et nagea le long du bord. Quand elle fut bien mouillée, elle revint se coucher près du cerf, elle poussa sa tête près de la grosse tête haletante, aux yeux joyeux, elle se plaça, babine contre babine pour pouvoir respirer l'air qu'il respirait, et ils s'endormirent.
Que ma joie demeure
Jean Giono
2 mars 2010
24 avr. 2009
Reflets et miroirs...
J'ai toujours aimé contempler les flaques d'eau, les reflets dans les mares et les étangs. En me baladant ces derniers jours, j'ai eu un "coup de foudre" pour le reflet de cet arbre apparaissant dans une flaque au milieu d'un chemin.
De même, j'ai toujours été intriguée par les miroirs, sorte de porte ouverte... vers quoi ? Mystère... Avez-vous déjà contemplé un paysage dans un miroir ? C'est comme s'allonger la tête en bas dans une prairie en pente et de regarder l'horizon, on reste au même endroit... et pourtant c'est différent, un peu étrange...
7 févr. 2009
Les maîtres de l'eau
4 sept. 2008
Fascinante eau...
Au Tibet, nous connaissions les bienfaits de l'eau et son caractère particulier selon qu'elle était puisée au matin, l'après-midi ou en soirée. On distinguait l'eau qui sortait directement des glaciers, l'eau rapide des courants, l'eau majestueuse des rivières, l'eau faussement immobile des lacs, l'eau de la nuit tirant son énergie de la lune et des étoiles, l'eau des forêts riche de la force des arbres et des animaux. Nous nous intéressions aux particularismes du terrain, aux minéraux et aux végétaux de l'environnement, à l'exposition au soleil, car un grand lac qui restait à l'ombre la plupart du temps ou un petit lac concentrant sur lui la force solaire offraient des eaux employées pour des motifs différents. Nous choisissions enfin d'utiliser l'eau brute ou de la faire bouillir, ce qui transformait encore ses potentialités.
Médecin du Toit du Monde
éditions du Rocher
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