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6 avr. 2014

Un océan d'air


Comme les poissons vivent dans un océan d'eau sans en avoir conscience (du moins on le suppose) nous vivons dans un océan d'air tout aussi inconsciemment.
Ce texte de Jon Kabat-Zinn a été une révélation pour moi. Je l'ai légèrement modifié pour mieux l'adapter à ma pratique du Qi Gong qu'il a grandement enrichie, car il apprend tout simplement à se mouvoir dans l'air. L'original s'appelle “Paysage aérien “ et se trouve dans le livre “L'éveil des sens”.


"Imaginez vous sous l'eau. Mais parfaitement capable de respirer.
Bougez lentement la main et le bras.
Sentez l'eau qui ruisselle autour de vos bras, entre vos doigt, tout autour de votre main.
Sentez une fluidité dans le mouvement, comme si votre bras et votre main étaient dotés d'une vie nouvelle. Ils semblent flotter et onduler. Il suffit de les imaginer, de les sentir fluides, pour que ces gestes lents, naturellement élégants deviennent effectivement plus fluides.
Sentez comme vos mouvements sont plus libres, plus gracieux, dénués d'efforts.
Procédez progressivement de la même façon avec le reste du corps. Devenez un ruban de laminaire ondoyant en rythme dans un banc de laminaires ondoyant dans l'océan.
Laissez votre corps bouger librement et sentez les courants qui l'entourent, l'incitant à réagir à sa façon dans le fluide dans lequel il est immergé.
En réalité, nous vivons bien au fond d'un océan, mais un océan d'air.


Continuez de bouger aussi lentement que précédemment tout en sentant cet océan d'air avec votre peau. Sentez le ruissellement de l'air autour de vos doigts et de vos mains. Tout en vous installant de plus en plus confortablement dans votre corps et en lui appliquant une conscience de plus en plus claire, laisser-le se mouvoir seul, à sa manière, en notant combien la sensation de corps en mouvement se confond instantanément avec l'essence même du Tai-Chi, un mouvent fluide au sein de l'immobilité, au sein d'un océan de claire conscience, d'un océan d'air. Immobilisez-vous lentement et sentez l'air de tout votre corps. L'air est déjà autour et à l'intérieur de vous. Voyez comme vous êtes déjà ancré dans ce fluide, comme il vous caresse, vous enveloppe. Voyez comme vous êtes mystérieusement poussé à l'attirer en vous, encore et encore. Sentez comment il circule en vous.
Profitez de ce moment pour vous situer consciemment dans le paysage aérien.
Quel cadeau que cette invitation à sentir ce qui nous est déjà offert, à percevoir que nous sommes en permanence étreints et nourris par l'esprit d'Ariel, l'air même, qu'à tout moment nous le touchons et sommes touchés par lui. Nous respirons et sommes respirés. Nous vivons dans l'air, tels les personnages de Chagall. Le voici chaud. Le voilà frais. Tantôt en mouvement, tantôt immobile..."


"L'air ! L'air ! Je regarde la rangée de ciguës qui se balancent, accomplissent leurs mouvements de Tai-Chi. Je sens le même air à présent sur mon dos, mes épaules et mon cou. Nous voici unis, touchés, par la même vague, chacun bougé et bougeant à sa façon, mais aussi joints dans un échange plus vaste, auquel toute vie, toute plante, tout animal participent à tout moment par-delà la planète, un échange entre ces grands royaumes vivants à l'échelle cosmique, un recyclage et une revitalisation de l'air qui nous recycle et nous revitalise par la même occasion."


Voici une vidéo que j'adore et qui illustre bien le propos, ce n'est pas une forme de Qi Gong que je pratique (personnellement je pratique le Shibashi et la Fille de Jade), mais la beauté qui en émane est une véritable source d'inspiration, elle est très apaisante, comme quoi nos gestes ont un impact fort et les rendre plus gracieux, élégants et poétiques est important... J'ai beaucoup de mal à pratiquer à l'intérieur, le froid, la pluie et même la nuit ne m'arrêtent pas, il faut vraiment des conditions extrêmes pour m'empêcher de faire du Qi Gong dehors. Faire ces lents mouvements en haut d'une colline pendant que l'ombre des nuages défile, me sentir ancrée dans la Terre et reliée au Ciel immense, dans les parfums du printemps, entourée de chants d'oiseaux, sous la pleine lune ou bien encore en sentant une pluie fine sur ma peau me donne une sensation de force et d'unité rare...

20 juil. 2012

Pépites volantes dans le ciel de l'été



Observer les nuages, les animaux, le paysage aux jumelles est une occupation merveilleuse, pour un spectacle de toute beauté je vous conseille vivement  de le faire par un beau soir d'été, au soleil couchant : des millions d'insectes, dorés par la lumière, tourbillonnent dans les airs...

4 mars 2012

Les couleurs de la prairie


Parfois l'hiver quand les jours sont gris nous devenons tristes sans raisons. C'est parce que nous avons oublié les richesses qui sont en nous et parmi ces richesses les couleurs. Avez-vous déjà pensé que là, sous la terre gelée, au coeur des graines de pissenlit sommeille l'éclatant jaune qui nous éblouira au printemps. Il est là, sous nos pieds. Je suis sûre que maintenant vous voyez sous vos yeux une prairie parsemée d'or. Vous pouvez y rajouter toutes les fleurs que vous désirez, peut-être même apercevez-vous un arc-en-ciel ? Savez-vous que quelque part dans le monde il existe un bruant indigo ? Pensez aux papillons, aux martins-pêcheurs, aux groseilles, aux pierres précieuses... Sentez comme ces couleurs sont nourrissantes pour votre être. Comme la graine de pissenlit porte en elle son jaune d'or, nous avons nous aussi en nous toutes les couleurs du monde et nous pouvons profiter de l'hiver pour aller les chercher et les faire éclater au printemps.


Les petites graines de pissenlit, légères, légères, presque invisibles, qui volent dans le vent, portent en elles la capacité de rendre la prairie jaune...à perte de vue ! Ça, c'est un pouvoir ! L'homme porte aussi, en potentialité, bien des couleurs et bien des talents, des capacités insoupçonnées...

                                                     La Licorne 

19 févr. 2011

Poésie et nourriture


 Il y a quelques jours je vous racontais le fabuleux voyage que j'ai fait en pétrissant une pâte brisée. Je viens de lire une interview (Marie France de mars) de Dominique Loreau auteur d'un livre intitulé "L'Art de la frugalité et de la volupté" dans lequel je retrouve bien des aspects de mon expérience et de ma façon d'aborder la nourriture :

" Chaque repas pensé, préparé et un acte de création".

"Préparer soi-même ce qui va nous nourrir est essentiel à notre équilibre physique et mental. C'est prendre soin de soi et des siens, cela permet de retrouver ses repères et son énergie. Les aliments que l'on prépare sont empreints de ki, cette énergie vitale transmise par la main."

"Nous disposons tous du même temps. A chacun de voir comment il l'utilise. Pour les repas, vous pouvez pratiquer la semi-cuisine, elle prend quinze minutes et n'exige aucune virtuosité. Moins on habille un légume, un poisson, une grillade, plus on découvre de subtiles saveurs. Chaque variété de pommes, de poires, de légumes a un goût différent. Et l'on peut transformer l'acte de cuisiner en moment de détente et en occasion de recharger ses batteries. Verser de l'eau, poser une casserole sur le feu... Il y a de la beauté dans ces gestes familiers. Prendre conscience de leur grâce peut nous reconnecter à nous-même."


10 févr. 2011

Respirer les étoiles


J'aime sortir tard le soir pour, avant de m'endormir, écouter au loin le chant du ruisseau qui traverse la prairie. Hier soir la lune formait un berceau haut dans le ciel et deux renards se chamaillaient tout près, leurs cris transperçant la nuit. Je respirais longuement et pleinement cette atmosphère et, peu à peu, il m'a semblé que j'inspirais tout le ciel étoilé à l'intérieur de mes poumons (si, si, c'est possible, vous savez nous sommes immenses à l'intérieur), je sentais les étoiles parcourir mes veines puis je les expirais tout doucement, puis les inspirais de nouveau encore et encore... Les renards sont repartis chacun de leur côté, le chant du ruisseau était plus clair que jamais, alors je suis allée me coucher... émerveillée !


30 janv. 2011

Un fabuleux voyage

 
Ça a commencé comme ça : l'autre jour, alors que j'aidais Dame Tartine à confectionner ses tartes aux mûres. La farine, le beurre et le sel étaient si froids que j'ai imaginé que mes mains leurs transmettaient chaleur et lumière. Je me suis concentré sur ces ingrédients et, peu à peu, j'ai vu s'agiter sous mes yeux des champs de blés parsemés de coquelicots ondulant sous le vent chaud de l'été, j'ai vu des vaches arpentant des prairies verdoyantes, la mer, ses merveilleuses nuances de bleus et de verts, ses poissons, le bruit des vagues, le sel qui chauffait au soleil et les hommes et les femmes qui le ramassait. J'ai suivi tous les chemins et toutes les routes. J'ai aussi revu les gestes de ma mère qui adorait faire la pâte brisée et m'a transmis cette joie. Voyait-elle, elle aussi, toutes ces images défiler sous ses yeux ? Jamais la nourriture ne m'avait fait voyagé de façon aussi vivante. Tout d'un coup “mes” petites misères, les petits soucis qui m'obsédaient depuis le matin m'ont paru dérisoires devant cette immensité qui s'ouvrait entre mes mains. J'ai levé la tête, alors qu'il faisait si gris depuis plusieurs jours le soleil était là rayonnant de mille feux. Plus tard en dégustant la tarte, je me suis demandé si les autres aussi avaient conscience de déguster autant d'immensité, c'est alors qu'à travers la vapeur qui s'échappait de sa tasse de thé brûlante j'ai croisé le regard d'un elfe et j'ai tout de suite compris qu'il revenait d'un long voyage en Orient au milieu des théiers quelques part sur les contreforts de l'Himalaya, je l'ai entendu murmurer, rêveur : “la longue, longue, route du thé”...

4 nov. 2010

Renversant !



Comme je le racontais précédemment nous avons profité de notre visite à l'érable pour nous allonger la tête en bas dans un bois en pente. C'est une expérience merveilleuse. Personnellement j'ai eu l'impression de me retrouver dans une sorte de monde aquatique et magique, un peu à la Harry Potter, vous savez, le passage dans lequel il plonge dans un lac grâce à la branchiflore. Du coup, nos idées ne sont plus en place, on croit voir de drôles de choses. Envers ou endroit ? Mirage ou réalité ?


8 août 2010

Regarder le soleil se lever


Voici un autre merveilleux extrait du "Jardin de Belmaray" d'Elizabeth Goudge :

Le jour se levait, calme et beau. De son lit, Harriet pouvait voir les collines, au-delà de la rivière, les bois et le ciel. Comme tout ceux qui passent une grande partie de leur vie dans une seule chambre, elle aimait sa fenêtre d'une affection particulière. Elle ne fermait pas les rideaux pour dormir, et chaque fois qu'elle s'éveillait au cours de la nuit, elle se tournait vers la fenêtre en se demandant ce qu'elle avait à lui montrer : nuages voguant en galères devant le visage de la lune, étoiles posées en joyaux sur un drap de velours bleu. Aurore semblable à une lampe dorée au-dessus de l'horizon brun du ciel de l'aube. Elle aimait assister au lever du soleil ; voir petit à petit s'éteindre les étoiles, et les arbres les plus proches s'éclairer peu à peu à leur sommet tandis que les bestiaux se tenaient, enfouis jusqu'aux genoux dans une brume de mousseline blanche. Il lui plaisait surtout de suivre du regard les changements de couleur du ciel jusqu'à ce que, de splendeur en splendeur, elles se fondissent dans la merveilleuse lumière du grand jour. Elle ne parvenait jamais à saisir le moment précis du changement, ce miracle dont elle était peut-être l'unique témoin à Belmaray. Comment savoir si d'autres qu'elle avaient joui de ce spectacle exquis ?

9 oct. 2009

Impressions d'automne


Tout doucement les bois commencent à s'illuminer de l'intérieur, mais les hêtres, joyaux de l'automne sont, eux, encore verts. J'ai fait l'expérience de marcher pieds nus dans les feuilles croustillantes, verdict : c'est délicieux ! Voici venue la période où il faut surveiller de près les châtaignes, les noix et les champignons, trésors de l'automne très convoités... Et maintenant un petit dessin animé à l'atmosphère de saison :


ça n'a rien à voir mais vous allez apprendre une façon originale de râper les carottes !!!

9 juil. 2009

Capturer le clair de lune



La nuit, le jardin devient synonyme de mystère, ce mystère qui devrait être présent dans notre vie à tous. Amusons-nous, par exemple, à capturer le clair de lune... dans un peu d'eau. Lorsqu'elle est pleine, j'aime à l'observer, là-haut dans le ciel. J'aime aussi voir son reflet dans un bol d'eau que j'ai préparé pour les insectes. Dehors, je suspends des miroirs pour faire réverbérer la pâle lueur qu'elle projette sur la véranda, et tout illuminer autour de moi. Alors, je baigne dans la magie. Cette sensation de paix reste présente en moi tout au long de la nuit.

Marjorie Harris - Un jardin pour l'âme - éditions J'ai Lu