Cette petite histoire sans paroles me touche beaucoup, je me reconnais, hélas, dans ce moine et ses gestes inconsidérés. Après avoir reçu une belle leçon de la vie j'aime la façon dont il se sert de son activité pour corriger son défaut, tout en poésie et grâce. Vous remarquerez la transformation du visage du moine...
Bienvenue au milieu des herbes folles et des fleurs qui se balancent sous le vent, là où des milliers de sauterelles bondissent à chacun de nos pas, là où l'ombre des nuages défile à toute allure, là où l'air, la terre, le feu et l'eau possèdent l'âme et enflamment l'imaginaire...
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8 déc. 2014
10 avr. 2014
Des fleurs ou des étoiles ?
Depuis la nuit où je suis allée m'asseoir sous un cerisier je ne sais plus bien faire la différence. A la lueur de la lune je respirais tranquillement le parfum des fleurs pour l'amener doucement au plus profond de moi. Au loin je percevais le son d'une cascade et un renard solitaire. J'ai levé les yeux au ciel, je pouvais apercevoir les étoiles entre les fleurs et, peu à peu, les étoiles et les fleurs se sont mélangées et les fleurs sont devenues étoiles et les étoiles des fleurs. Je ne sais pas comment c'est arrivé, je sais seulement qu'au bout d'un moment je n'ai plus été capable de faire la différence. Était-ce l'arbre qui était couvert d'étoiles et le ciel parsemé de fleurs de cerisiers ou l'inverse ? Un peu comme si une pluie d'étoiles filantes avait traversé l'atmosphère pour se poser sur les branches de l'arbre et les fleurs s'étaient envolées pour s'éparpiller dans l'univers...
6 avr. 2014
Un océan d'air
Comme les poissons vivent
dans un océan d'eau sans en avoir conscience (du moins on le suppose) nous vivons dans un océan d'air tout aussi inconsciemment.
Ce texte de Jon Kabat-Zinn a
été une révélation pour moi. Je l'ai légèrement modifié pour mieux l'adapter à ma pratique du Qi Gong qu'il a grandement enrichie, car
il apprend tout simplement à se
mouvoir dans l'air. L'original s'appelle “Paysage aérien “ et se
trouve dans le livre “L'éveil des sens”.
"Imaginez vous sous l'eau.
Mais parfaitement capable de respirer.
Bougez lentement la main et
le bras.
Sentez l'eau qui ruisselle
autour de vos bras, entre vos doigt, tout autour de votre main.
Sentez une fluidité dans le
mouvement, comme si votre bras et votre main étaient dotés d'une vie
nouvelle. Ils semblent flotter et onduler. Il suffit de les imaginer,
de les sentir fluides, pour que ces gestes lents, naturellement
élégants deviennent effectivement plus fluides.
Sentez comme vos mouvements
sont plus libres, plus gracieux, dénués d'efforts.
Procédez progressivement de
la même façon avec le reste du corps. Devenez un ruban de laminaire
ondoyant en rythme dans un banc de laminaires ondoyant dans l'océan.
Laissez votre corps bouger
librement et sentez les courants qui l'entourent, l'incitant à
réagir à sa façon dans le fluide dans lequel il est immergé.
En réalité, nous vivons
bien au fond d'un océan, mais un océan d'air.
Continuez de bouger aussi
lentement que précédemment tout en sentant cet océan d'air avec
votre peau. Sentez le ruissellement de l'air autour de vos doigts et
de vos mains. Tout en vous installant de plus en plus confortablement
dans votre corps et en lui appliquant une conscience de plus en plus
claire, laisser-le se mouvoir seul, à sa manière, en notant
combien la sensation de corps en mouvement se confond instantanément
avec l'essence même du Tai-Chi, un mouvent fluide au sein de
l'immobilité, au sein d'un océan de claire conscience, d'un océan
d'air. Immobilisez-vous lentement et sentez l'air de tout votre corps.
L'air est déjà autour et à l'intérieur de vous. Voyez comme vous
êtes déjà ancré dans ce fluide, comme il vous caresse, vous
enveloppe. Voyez comme vous êtes mystérieusement poussé à
l'attirer en vous, encore et encore. Sentez comment il circule en
vous.
Profitez de ce moment pour
vous situer consciemment dans le paysage aérien.
Quel cadeau que cette
invitation à sentir ce qui nous est déjà offert, à percevoir que
nous sommes en permanence étreints et nourris par l'esprit d'Ariel,
l'air même, qu'à tout moment nous le touchons et sommes touchés
par lui. Nous respirons et sommes respirés. Nous vivons dans l'air,
tels les personnages de Chagall. Le voici chaud. Le voilà frais.
Tantôt en mouvement, tantôt immobile..."
"L'air ! L'air ! Je regarde
la rangée de ciguës qui se balancent, accomplissent leurs
mouvements de Tai-Chi. Je sens le même air à présent sur mon dos,
mes épaules et mon cou. Nous voici unis, touchés, par la même
vague, chacun bougé et bougeant à sa façon, mais aussi joints dans
un échange plus vaste, auquel toute vie, toute plante, tout animal
participent à tout moment par-delà la planète, un échange entre
ces grands royaumes vivants à l'échelle cosmique, un recyclage et
une revitalisation de l'air qui nous recycle et nous revitalise par
la même occasion."
Voici une vidéo que j'adore et qui illustre bien le propos, ce n'est pas une forme de Qi Gong que je pratique (personnellement je pratique le Shibashi et la Fille de Jade), mais la beauté qui en émane est une véritable source d'inspiration, elle est très apaisante, comme quoi nos gestes ont un impact fort et les rendre plus gracieux, élégants et poétiques est important... J'ai beaucoup de mal à pratiquer à l'intérieur, le froid, la pluie et même la nuit ne m'arrêtent pas, il faut vraiment des conditions extrêmes pour m'empêcher de faire du Qi Gong dehors. Faire ces lents mouvements en haut d'une colline pendant que l'ombre des nuages défile, me sentir ancrée dans la Terre et reliée au Ciel immense, dans les parfums du printemps, entourée de chants d'oiseaux, sous la pleine lune ou bien encore en sentant une pluie fine sur ma peau me donne une sensation de force et d'unité rare...
4 oct. 2012
Petite méditation sur les graines
Tout comme la graine peut devenir un arbre, chaque être humain peut devenir pleinement lui-même. Pour se transformer en arbre, la graine doit être enfouie dans le sol. Elle doit disparaître sous terre, dans l'obscurité, se faire oublier. Au contact de la terre, elle renonce peu à peu à son individualité, à son identité, à son ego. Elle accepte de ne faire plus qu'un avec le sol. C'est à ce moment-là que son énergie cachée se libère et que nous voyons apparaître les premières pousses vertes à la surface du sol, comme un miracle.
Satish Kumar - Tu es, donc je suis
28 sept. 2012
Miroir, mon beau miroir...
Les maîtres zen ont de tout temps utilisé l'image du reflet dans un miroir pour représenter l'esprit éclairé. La surface polie réfléchit l'image vers l'extérieur, sans distorsion, interférence, jugement ou hésitation. Elle illumine tout ce qui se présente devant elle mais ne l'analyse pas, ne l'évalue pas et ne s'inquiète en aucune façon de l'état des choses. Elle reflète simplement la vie, sans essayer de la piéger ou de s'y cramponner.
Le zen des petits rien - Gary Thorp
4 mars 2012
Les couleurs de la prairie
Parfois l'hiver quand les jours sont gris nous devenons tristes sans raisons. C'est parce que nous avons oublié les richesses qui sont en nous et parmi ces richesses les couleurs. Avez-vous déjà pensé que là, sous la terre gelée, au coeur des graines de pissenlit sommeille l'éclatant jaune qui nous éblouira au printemps. Il est là, sous nos pieds. Je suis sûre que maintenant vous voyez sous vos yeux une prairie parsemée d'or. Vous pouvez y rajouter toutes les fleurs que vous désirez, peut-être même apercevez-vous un arc-en-ciel ? Savez-vous que quelque part dans le monde il existe un bruant indigo ? Pensez aux papillons, aux martins-pêcheurs, aux groseilles, aux pierres précieuses... Sentez comme ces couleurs sont nourrissantes pour votre être. Comme la graine de pissenlit porte en elle son jaune d'or, nous avons nous aussi en nous toutes les couleurs du monde et nous pouvons profiter de l'hiver pour aller les chercher et les faire éclater au printemps.
Les petites graines de pissenlit, légères, légères, presque invisibles, qui volent dans le vent, portent en elles la capacité de rendre la prairie jaune...à perte de vue ! Ça, c'est un pouvoir ! L'homme porte aussi, en potentialité, bien des couleurs et bien des talents, des capacités insoupçonnées...
19 févr. 2011
Poésie et nourriture
Il y a quelques jours je vous racontais le fabuleux voyage que j'ai fait en pétrissant une pâte brisée. Je viens de lire une interview (Marie France de mars) de Dominique Loreau auteur d'un livre intitulé "L'Art de la frugalité et de la volupté" dans lequel je retrouve bien des aspects de mon expérience et de ma façon d'aborder la nourriture :
" Chaque repas pensé, préparé et un acte de création".
"Préparer soi-même ce qui va nous nourrir est essentiel à notre équilibre physique et mental. C'est prendre soin de soi et des siens, cela permet de retrouver ses repères et son énergie. Les aliments que l'on prépare sont empreints de ki, cette énergie vitale transmise par la main."
"Nous disposons tous du même temps. A chacun de voir comment il l'utilise. Pour les repas, vous pouvez pratiquer la semi-cuisine, elle prend quinze minutes et n'exige aucune virtuosité. Moins on habille un légume, un poisson, une grillade, plus on découvre de subtiles saveurs. Chaque variété de pommes, de poires, de légumes a un goût différent. Et l'on peut transformer l'acte de cuisiner en moment de détente et en occasion de recharger ses batteries. Verser de l'eau, poser une casserole sur le feu... Il y a de la beauté dans ces gestes familiers. Prendre conscience de leur grâce peut nous reconnecter à nous-même."
21 janv. 2011
S'asseoir tranquillement et se réjouir
Voici une très belle méditation de gratitude inspirée par "Karlik" d'Ursula Burkhard un magnifique petit livre dont j'ai déjà parlé dans mes "grimoires".
"Il peut alors arriver que Karlik dise : "Assieds-toi, nous allons nous réjouir." Ensemble, nous nous abandonnons à un sentiment de reconnaissance pour tout ce qui, dans le monde, est déjà devenu bon, vrai et beau. Dans ce sentiment de reconnaissance, nous puisons la force d'entreprendre de nouvelles activités, et la confiance dans le devenir qui peut rendre meilleur, plus vrai et plus beau ce qui ne l'est pas encore. Nous pouvons ainsi faire toujours mieux ce qui incombe à chacun dans sa profession, et aussi le travail que nous accomplissons en commun."
2 janv. 2011
Pour commencer l'année en beauté
"Ce coin de jardin, à l'abri de tout, n'est-il pas merveilleux ? la silhouette des lotus, si attirante, le gazouillis des loriots, si agréable ? apparemment, tous ces êtres jouissent du bonheur d'être là. Il n'y a rien à en dire. Et les hommes, dans quel but sont-ils venus sur cette terre ? Que ne connaissent-ils la même lenteur, la même confiance et le même bonheur de vivre que les plantes !
Je viens de terminer une lecture sublime : "L'éternité n'est pas de trop" de François Cheng. Ce livre raconte l'histoire d'amour interdit entre Lan-ying femme brisée par un terrible mariage et diverses épreuves et Dao-Sheng guérisseur et devin, qui, trente ans après leur première "rencontre" renonce à prononcer ses voeux dans le monastère taoïste où il vit pour la retrouver et la soigner... c'est un livre dans lequel j'ai retrouvé tout ce que j'aime : La métamorphose des êtres ( ici par l'amour), l'attention au rayonnement qui émane des choses et des êtres, la patience, la lenteur, l'écoute (dont l'écoute du "shen", du "souffle des chants"...), les rythmes de la nature... J'ai vraiment eu l'impression d'être "tirée par le haut" par cette lecture ce qui il faut bien dire est assez rare !
"A présent, pour la première fois, il réfléchit sur l'être de la femme, sur l'essence du féminin. Il a la révélation que le charme de la femme, quand celle-ci n'est pas rabaissée par toutes sortes de conditions extérieures, vient de ce qu'elle est la magique transformatrice, virtuellement capable de tout retourner en grâce aérienne, et aucune tentative de l'avilir n'y peut rien. Elle est chair certes, mais combien cette chair se transmue sans cesse en murmures, en parfums, en radiance, en ondes infinies dont il importe de ne pas étouffer la musique. A bien y réfléchir, le corps de la femme incarne le plus ardent miracle de la nature. Ou, plus précisément, c'est la nature qui en elle se résume en miracle. N'est-il pas vrai que toute la beauté de la nature s'y trouve : douce colline, secrète vallée, source et prairie, fleur et fruit ? Ne faut-il pas appréhender ce corps comme un paysage ? Or, comme le moine taoïste l'a enseigné, dans un paysage, plus que les entités substantielles, il faut apprendre à communier surtout avec ce qui émane d'elles, le rayonnement vert qui vient des mousses, les vagues sonores qui viennent des pins, les senteurs qui viennent de tous les sucs propagés par la brume et le vent. Lui, Dao-sheng, en tous cas, subissant pour l'heure la privation, apprend à savourer par la patiente lenteur. Il éprouve la curieuse sensation qu'à défaut d'accéder à la chair, il entre plus avant dans ce qui fait réellement l'être de la femme, à savoir ce qui rayonne d'elle. En présence de Lan-ying, il s'abandonne aux ondes rythmiques qu'impulsent le souffle et le fluide qui circule en elle. Ces ondes le mènent, avec une surprenante sûreté, au secret ravissement."
9 déc. 2010
Le repos de l'eau
"Le vieux shaman a déclaré que les fleuves et les rivières étaient les vaisseaux et les veines de Dieu, et l'eau son sang précieux. Les lacs constituaient les lieux où son sang se reposait de la fatigue due à l'acte incessant de la création."
Jim Harrison - Une Odyssée Américaine
Chut ! ... L'eau dort !
6 nov. 2010
Méditer avec les arbres
"Portez toute votre attention sur la masse de leurs feuilles vertes, peut-être parée de fleurs, de fruits, de graines ou de noix.
Regardez de plus prés une feuille ou un fruit particulier, appréciez leur beauté et leur vitalité.
L'arbre plonge ses racines dans le sol comme des ancres.
Appréciez sa force et sa stabilité, comparables à celles d'une montagne. Sa flexibilité également,ses branches qui bougent et se balancent gracieusement dans le vent, le jour, la nuit, comme si elles effectuaient une danse de célébration.
Ouvrez votre conscience à la force, à la beauté et à la magnificence des arbres, et une sensation de bien-être et de force surgira spontanément en vous.
Vous pouvez aussi puiser l'énergie bienfaisante d'un arbre en vous asseyant, immobile, au dessous ou à coté de lui, ou en entourant son tronc de vos bras.
L'arbre par ses racines, est relié au pouvoir de la terre, et par ses feuilles et ses branches aux forces du cosmos. Le tronc est un pont vivant entre les forces solaires du haut et la terre en bas.
Les branches qui se propagent vers l'extérieur représentent la nature qui donne et reçoit.
En silence demandez à l'arbre de vous laisser faire l'expérience de son énergie.
Puis sentez, en touchant doucement le tronc que vous vous reliez à cette énergie naturelle.
Sentez en même temps votre propre énergie s'élever en vous. Reconnaissez les forces bienfaisantes que vous percevez, réjouissez vous de tous les sentiments positifs qui surgissent en vous..."
Tulku Thondup
25 sept. 2010
Mon rêve d'eau
J'essaye toujours d'être consciente de l'énergie qui émane des choses et des êtres et c'est pourquoi j'ai été enchantée par le rêve que j'ai fait il y a quelques nuits... Je marchais dans un chemin et j'étais épuisée. Tellement épuisée que je suis tombée. Dans le chemin, de l'eau coulait en abondance suite à de fortes pluies. Je restais là, étendue par terre, à regarder l'eau ruisseler sans pouvoir bouger, sa fraîcheur me faisait du bien, mais, surtout, j'ai senti que l'eau était porteuse d'une immense vitalité et qu'en y étant attentive, je pouvais m'imprégner de cette force. Petit à petit je me suis régénérée simplement par sa présence et j'ai pu reprendre ma route. Au réveil, je baignais encore dans cette force merveilleuse.
Jean Yves Leloup : Prendre soin de nos songes, des images qui nous habitent...
16 sept. 2010
Se laisser transporter par la contemplation de la nature
Fanny acquiesça et eut la joie de le voir rester avec elle à la fenêtre, malgré le chant attendu ; de le voir comme elle diriger bientôt ses regards au-dehors et regarder dans l'éclat d'une nuit sans nuages, dans le contraste que faisait l'ombre profonde des bois, une scène où apparaissait tout ce qui était solennel, apaisant et délicieux. Fanny laissa parler son coeur : “Quelle harmonie!” dit-elle. “Quelle sérénité ! Voilà qui laisse loin derrière toute la musique et la peinture, et que la poésie ne peut que s'efforcer de décrire. Voilà qui peut apaiser tous les soucis et plonger tous les coeurs dans le ravissement ! Quand je contemple une nuit pareille, j'ai l'impression qu'il ne saurait y avoir dans le monde de douleur, de méchanceté ; et il y en aurait certainement moins si l'on était plus attentif à la sublimité de la Nature, et si l'on se laissait plus facilement transporter par la contemplation d'un tel spectacle.”
“ J'aime votre enthousiasme, Fanny. C'est une nuit délicieuse, et ils sont à prendre en pitié ceux à qui on n'a pas appris à ressentir dans une certaine mesure les choses comme vous – à qui on n'a pas du moins donné dans leur premier âge du goût pour la nature. Ils perdent beaucoup. “
Jane Austen - Mansfield Park
24 juil. 2010
Attention et petites beautés...
C'est grâce à Croukougnouche que j'ai découvert Elizabeth Goudge. Je n'en suis qu'aux premières pages du "Jardin de Belmaray" mais je ne peux m'empêcher de partager avec vous ce passage qui va nous faire faire un petit voyage dans le temps, à travers les saisons en direction du printemps et d'une merveilleuse expérience de transformation intérieure...
Il en fût ainsi ce jour-là. Il prit plaisir à aligner sur l'égouttoir les assiettes propres. De petites beautés le frappèrent l'une après l'autre: le chant d'une grive, le parfum des géraniums, l'or des crocus qui entouraient le tronc du pommier, devant la fenêtre. Et qu'était-il donc arrivé au pommier ? Il croyait en connaître par coeur, de longue date, l'extraordinaire beauté, mais il ne l'avait encore jamais goûtée à un tel point; une joie surgit en lui, plus vive encore que lorsqu'il avait aperçu les mouettes.
Ce pommier au tronc noueux dont la floraison l'émerveillait, produisait de bonne heure, et en quantité, de petites pommes rondes et rouges d'une saveur assez amère, mais Daphné en faisait pour le goûter des enfants une gelée rosée qui durait tout l'hiver.”
16 juil. 2010
Contempler la nature
"Un homme prie devant un petit autel près du pont, il lève la tête et regarde la rivière, le contre-jour matinal. Il n'a pas appris à méditer, la nature est sa contemplation, une communion."
Bernard Giraudeau - Cher Amour - éd Métaillié
Ce passage m'a interpellé, je m'y suis reconnue, moi non plus je n'ai pas "appris" à méditer, par contre, depuis l'enfance, j'ai passé de longues heures seule dans la nature à écouter le chant des ruisseaux, à observer les rythmes de la vie, l'impermanence, la beauté des fleurs ou la violence des orages, la course des nuages, la grâce et la rudesse... La nature a toujours été, pour moi qui suis très contemplative, une source d'apaisement. Assise au pied des arbres j'ai découvert le silence intérieur et la force de la présence. La joie d'être là, simplement...
3 juin 2010
10 déc. 2009
Méditation autour d'un arbre
"Un autre de mes plaisirs à Pékin devint vite une habitude : j'allais me promener dans le jardin impérial, Yuhuayuan. Il existait là un arbre magique, un tronc de cyprès dressé comme une cathédrale datant, disait-on, de l'époque Ming ! A le contempler, il racontait notre histoire. Souvent, on voyait un ancien méditer sur un banc, à côté de lui, comme s'il se chargeait, encore et encore, de ses énergies, du souffle vital qui émanait de la matière même de l'arbre. Formation bizarre, insolite, le vieux tronc noueux était façonné par les poussées telluriques, les vents, l'érosion et les caresses humaines de plusieurs siècles... On pouvait imaginer, à certains endroits, les mouvements d'une mer agitée de mille et une vagues poussées par la tempête. L'ancien paraissait, en quelque sorte, se nourrir de la longévité du cyprès. Il se recueillait comme devant un temple sacré, un microcosme révélateur de l'histoire de la matière.
Un jour, nous nous retrouvâmes tous les deux sur le banc. En le contemplant, le Chinois me dit tout bas : " Mademoiselle, on apprend à vivre, à vieillir avec ce que la nature nous a donné, comme lui, à la naissance." Après un long silence, il reprit avec insistance : "Mademoiselle, il faut cultiver le principe de vie qui est en nous."
Je n'ai plus revu le vieil homme. Mais j'ai souvent fait le pèlerinage pour saluer l'arbre en songeant à ses propos."
Fabienne Verdier
Passagère du Silence
6 juin 2009
Pleine conscience
Je ne connais rien de mieux que la méditation pour apprendre à être présent dans sa vie et ses relations, aussi difficile que cela puisse parfois être. J'aime dire que la pleine conscience est simple mais pas facile; c'est un dur travail, mais à quoi d'autre sommes nous destinés ? Ne pas s'y employer ce serait rater tout ce qu'il y a de meilleur, de plus profond et joyeux dans nos vies, parce que nous sommes "perdus" dans notre mental, à vouloir être mieux, ailleurs, sans réaliser la richesse du moment présent.
Jon Kabat-Zinn
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