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14 juin 2014

Reflet d'un soir


Simplement s'asseoir au bord du vieux lavoir
et regarder le soleil se coucher.
Faire le silence en soi.
Respirer l'air doux de ce soir de juin où se mêle
les parfums du sureau et des berces.
Écouter le chant hypnotique des grenouilles.
Accueillir la beauté du monde en soi.

6 avr. 2014

Un océan d'air


Comme les poissons vivent dans un océan d'eau sans en avoir conscience (du moins on le suppose) nous vivons dans un océan d'air tout aussi inconsciemment.
Ce texte de Jon Kabat-Zinn a été une révélation pour moi. Je l'ai légèrement modifié pour mieux l'adapter à ma pratique du Qi Gong qu'il a grandement enrichie, car il apprend tout simplement à se mouvoir dans l'air. L'original s'appelle “Paysage aérien “ et se trouve dans le livre “L'éveil des sens”.


"Imaginez vous sous l'eau. Mais parfaitement capable de respirer.
Bougez lentement la main et le bras.
Sentez l'eau qui ruisselle autour de vos bras, entre vos doigt, tout autour de votre main.
Sentez une fluidité dans le mouvement, comme si votre bras et votre main étaient dotés d'une vie nouvelle. Ils semblent flotter et onduler. Il suffit de les imaginer, de les sentir fluides, pour que ces gestes lents, naturellement élégants deviennent effectivement plus fluides.
Sentez comme vos mouvements sont plus libres, plus gracieux, dénués d'efforts.
Procédez progressivement de la même façon avec le reste du corps. Devenez un ruban de laminaire ondoyant en rythme dans un banc de laminaires ondoyant dans l'océan.
Laissez votre corps bouger librement et sentez les courants qui l'entourent, l'incitant à réagir à sa façon dans le fluide dans lequel il est immergé.
En réalité, nous vivons bien au fond d'un océan, mais un océan d'air.


Continuez de bouger aussi lentement que précédemment tout en sentant cet océan d'air avec votre peau. Sentez le ruissellement de l'air autour de vos doigts et de vos mains. Tout en vous installant de plus en plus confortablement dans votre corps et en lui appliquant une conscience de plus en plus claire, laisser-le se mouvoir seul, à sa manière, en notant combien la sensation de corps en mouvement se confond instantanément avec l'essence même du Tai-Chi, un mouvent fluide au sein de l'immobilité, au sein d'un océan de claire conscience, d'un océan d'air. Immobilisez-vous lentement et sentez l'air de tout votre corps. L'air est déjà autour et à l'intérieur de vous. Voyez comme vous êtes déjà ancré dans ce fluide, comme il vous caresse, vous enveloppe. Voyez comme vous êtes mystérieusement poussé à l'attirer en vous, encore et encore. Sentez comment il circule en vous.
Profitez de ce moment pour vous situer consciemment dans le paysage aérien.
Quel cadeau que cette invitation à sentir ce qui nous est déjà offert, à percevoir que nous sommes en permanence étreints et nourris par l'esprit d'Ariel, l'air même, qu'à tout moment nous le touchons et sommes touchés par lui. Nous respirons et sommes respirés. Nous vivons dans l'air, tels les personnages de Chagall. Le voici chaud. Le voilà frais. Tantôt en mouvement, tantôt immobile..."


"L'air ! L'air ! Je regarde la rangée de ciguës qui se balancent, accomplissent leurs mouvements de Tai-Chi. Je sens le même air à présent sur mon dos, mes épaules et mon cou. Nous voici unis, touchés, par la même vague, chacun bougé et bougeant à sa façon, mais aussi joints dans un échange plus vaste, auquel toute vie, toute plante, tout animal participent à tout moment par-delà la planète, un échange entre ces grands royaumes vivants à l'échelle cosmique, un recyclage et une revitalisation de l'air qui nous recycle et nous revitalise par la même occasion."


Voici une vidéo que j'adore et qui illustre bien le propos, ce n'est pas une forme de Qi Gong que je pratique (personnellement je pratique le Shibashi et la Fille de Jade), mais la beauté qui en émane est une véritable source d'inspiration, elle est très apaisante, comme quoi nos gestes ont un impact fort et les rendre plus gracieux, élégants et poétiques est important... J'ai beaucoup de mal à pratiquer à l'intérieur, le froid, la pluie et même la nuit ne m'arrêtent pas, il faut vraiment des conditions extrêmes pour m'empêcher de faire du Qi Gong dehors. Faire ces lents mouvements en haut d'une colline pendant que l'ombre des nuages défile, me sentir ancrée dans la Terre et reliée au Ciel immense, dans les parfums du printemps, entourée de chants d'oiseaux, sous la pleine lune ou bien encore en sentant une pluie fine sur ma peau me donne une sensation de force et d'unité rare...

9 mars 2014

La Princesse des Champs


Ces derniers temps Dame Tartine était dans ses petits souliers car nous avons reçu en grande pompe la Princesse de Champs. Il a fallu établir le menu, entièrement à base de flouve odorante, faire briller les couverts, vérifier les nappes, réfléchir au plan de table (un vrai casse-tête comme toujours). Dame Tartine s'est assurée de l'éclat des verres en les observant minutieusement à la lumière du soleil pendant des heures, au risque d'y laisser ses yeux... Mais tout ce travail a été largement récompensé car la princesse s'est déclarée enchantée. Dame Tartine va pouvoir souffler un peu...

15 déc. 2013

Avant Noël...

C'est le moment de décorer la maison,
j'ai ramassé des branches de sapin qui sentent bon la résine,
ce parfum me rappelle toujours les noëls de mon enfance...


Je suis allée au marché de Noël où j'ai déniché
des merveilles, dont deux livres chez la bouquiniste :
Le premier, "Le grand livre des portraits d'animaux"
de Svjetlan Junakovic


Un livre de toute beauté, l'auteur revisite les chefs-d'oeuvre
 de la peinture avec nos amis les animaux, comme par exemple
ci-dessous "La brebis au turban bleu" ou "La brebis à la perle" !


Moi qui adore Albrecht Dürer j'ai été enchantée
par ce portrait, on y retrouve même la fameuse 
signature du peintre avec la date et tous les détails.
Si la plupart des portraits sont très connus certains m'échappent,
il va donc falloir, pour mon plus grand bonheur, que je me 
replonge dans les livres d'histoire de l'art.


Le deuxième, une dinguerie pas possible comme
je les aime. "Il n'y a pas d'autruches dans les contes 
de fées" de Gilles Bachelet, qui explique comme
son titre l'indique pourquoi il n'y a pas d'autruches dans les 
contes de fées. Hilarant !


L'autruche ne nage pas, ne vole pas, ne chante pas,
n'a pas la classe, elle ronfle et elle a les pieds
 qui dépassent du lit bref elle n'a rien pour être une
héroïne de conte digne de ce nom, par contre
elle a tout pour faire un livre génial !


Ah... La merveilleuse autruche de Nils Holgersson !
J'en pleure de rire...


J'ai aussi croisé la route d'un adorable bébé hérisson
qui tient dans le creux de la main ...


Puis j'ai craqué pour des boucles d'oreilles "Voici l'heure du thé".
D'un coté la théière de l'autre la tasse.
Il ne me reste plus qu'à me rendre chez le chapelier fou !


Pour finir je suis allée écouter les chants de Noël à l'église,
et j'y ai découvert cette merveilleuse berceuse, je n'ai pas
 trouvé une jolie version à vous faire écouter
alors voici seulement les paroles que je trouve
incroyablement apaisantes...

Quand la nuit se pose

Quand la nuit se pose, se pose, se pose 
Quand toutes les choses reposent sans bruit. 
Quand les paupières se closent, se closent, se closent, 
Comme une rose qui se replie ... 
J'aime ce moment, oui j'aime ce moment 
Où l'on dit doucement Bonne nuit, 
Bonne nuit, Bonne nuit.

30 juin 2013

22 juin 2013

Peinture fraîche

Bright Star, un de mes films préférés, une bulle de grâce flottant hors du temps.

La bibliothèque de la prairie c'est un espace un peu secret que j'ai crée, en plus de mon carnet, pour savoir où j'en suis de mes lectures et noter les livres que j'ai aimé. C'est aussi un lieu où je m'amuse, j'ai souvent changé de décor, j'ai testé des choses pour la prairie... ça faisait longtemps que je songeais à y rajouter quelques vidéos pour partager les adaptations de livres que je préfère où de belles biographies d'écrivains histoire de rendre cette bibliothèque un peu plus vivante car forcément ça n'y bouge pas beaucoup, je me contente de déposer un nouveau livre sur les étagères de temps à autre au fil de mes découvertes et en plus je lis lentement ! Voici donc la dernière version en date de la bibliothèque, l'atmosphère est très romanesque...


23 mars 2013

Les couleurs du marché

 

En flânant sur le marché je réalise que ça fait longtemps que je ne suis pas allée voir le marchand de bijoux, son étal est couvert de merveilles mais je l'évite soigneusement histoire de ne pas succomber à la tentation...  Et là surprise, le vendeur part à la retraite et brade tout ses bijoux à -50% !!!  D'où la nuée d'abeilles qui volettent autour des pierres colorées (bon d'accord, en fait, il y en a toujours plein !!!). C'est le moment ou jamais de craquer pour une turquoise j'adore et la couleur et la pierre, une couleur qui, je trouve, fait un bien fou à l'âme... Plus loin mon regard est attiré par une magnifique pierre aux couleurs de la prairie. Immédiatement elle me fait rêver, j'ai l'impression de voir une carte du monde, un atlas, des royaumes imaginaires, la Terre du Milieu peut-être ... Le vendeur est catastrophé parce qu'il a oublié le nom de la si jolie pierre, il est sincèrement gêné de me laisser partir sans le connaître, néanmoins il se souvient que c'est une variété de rubis... de retour chez moi je tape "rubis vert " sur google et là apparaît la fuschite ou rubis fuschite. Je n'y connais rien en pierres mais ça m'a tout l'air d'être ça, je découvre même que beaucoup sont taillées en boule pour former des terres miniatures, de quoi rêver des heures dessus pour les gens comme moi !


Le turquoise, le marché, les couleurs... tout cela me fait penser à Kriss inoubliable voix de la radio et au merveilleux petit livre "A coeur et à Kriss" qu'une de ses amies lui a consacré et que Laure m'a prêté il y a quelques mois de ça. Le turquoise était la couleur préférée de Kriss et elle adorait les marchés. J'ouvre le cahier dans lequel j'ai noté mes passages préférés avant de renvoyer le livre à Laure :

"Tu es féminissime... pour toi le beau est turquoise..."

"Dès notre arrivée (à Lisbonne) nous apprécions le miracle des rues bijoutées de bleu. Les jacarandas sont en fleurs. Nous buvons la douceur de l'air des rues..."

"Tu adores le marché du jeudi, tu t'y achètes, des robes, des écharpes, des jambons, de la confiture de citron au romarin, de l'huile essentielle de lavande..."

        A coeur et à Kriss de Chantal Pelletier éditions des Busclats               

15 déc. 2012

Des châteaux dans la brume


Quand je vois des arbres au loin dans la brume


j'imagine toujours des châteaux,
 avec leurs tours, leurs donjons...


Comme des royaumes sortis d'un conte 


et peuplés de personnages fascinants;
 rôdeurs, rois et troubadours...


Dans un de ces châteaux
 il y a un livre très rare, unique.


Je vous en reparlerai avant qu'un jour, peut-être, ces châteaux ne
 disparaissent, engloutis à jamais dans le monde des rêves...

21 oct. 2012

Un jour mauve


 S'asseoir près d'une fleur



 Passer du temps auprès d'elle



 L'admirer pendant des heures



S'imprégner pour l'éternité de sa beauté




22 juin 2012

Petite merveille



Dimanche dernier à l'heure du petit-déjeuner
 je suis tombée sur cette merveille,
 il est encore temps de la (re)voir en entier sur pluzz !!!

18 août 2011

Juste une plume...


Je cueillais des mûres quand j'ai trouvé cette plume de buse que j'ai aussitôt glissée dans ma natte.


Comme toujours au mois d'août les buses ne cessent de tournoyer dans le ciel bleu et je ne me lasse pas de les écouter.

21 juil. 2011

Tresses d'été


Pour célébrer l'été,


je mets des graminées dorées dans mes cheveux


et je les tresse en épis de blé !

3 sept. 2010

Une boutique merveilleuse


J'aime infiniment ce passage de Laura Willowes de Sylvia townsend Warner (éditions Joëlle Losfeld), si on me proposait de travailler dans cette boutique je dirais oui tout de suite ! J'aime l'atmosphère qui s'en dégage, j'aime la rêverie dans laquelle elle entraîne Laura, l'héroïne de cette histoire, et, par dessus tout, c'est cette boutique qui va changer radicalement sa vie en lui faisant prendre conscience qu'elle n'est pas heureuse à Londres auprès de sa famille ...

Il y avait d'autres clients et, en attendant qu'on la servît, elle regarda autour d'elle. L'intérieur de cette boutique lui plaisait infiniment. Elle était petite est intime. Les fruits, les fleurs et les légumes s'entassaient dans un désordre campagnard. Sur l'étal en pente dans la vitrine, au milieu des pommes, des poires à cuire à la peau rugueuse, des plateaux de noix, de châtaignes et de noisettes, se nichait un panier d'oeufs lisses et bruns qui avaient l'air d'une espèce de noix particulièrement grosses. Tout un côté de la boutique était garni d'étagères en bois, chargées de pots de confiture faite à la maison et de fruits en bocaux. On aurait dit que les produits de l'été étaient venus chercher un abri. Par terre gisait un tas de navets terreux.
Laura regarda les fruits en conserve, les poires émincées au sirop, les prunes rouges et brillantes, les reines-claudes. Elle pensa à la femme qui avait rempli ces pots et serré les couvercles. La mère de l'épicier vivait peut-être à la campagne. Une vieille femme seule, ramassant des fruits dans son verger à la tombée de la nuit, frottant la pointe de ses doigts rêches sur les prunes toutes lisses, une femme longue et sèche, debout les bras levés au milieu de ses arbres fruitiers comme si elle était elle-même un arbre poussant dans l'herbe haute, les bras tendus comme des branches. Il faisait de plus en plus sombre; elle continuait toutefois son travail, ployant méthodiquement, l'une après l'autre, les branches raides et frémissantes.
Laura attendait toujours; elle éprouvait une profonde nostalgie qui pesait sur elle comme le poids d'un fruit mûr sur la branche. Elle oublia la boutique, les autres clients, les chandeliers. Elle oublia l'air froid de l'hiver, les gens qui marchaient sur les trottoirs mouillés. Elle oublia qu'elle était à Londres, elle oublia toute sa vie à Londres. Elle avait l'impression de se trouver seule dans un verger à la nuit tombante, les bras tendus vers le canevas de feuilles et de fruits, cherchant des doigts les courbes rebondies des fruits parmi les courbes sans relief des feuilles. L'air était froid et humide autour d'elle. Elle ne percevait pas un bruit; les oiseaux s'était tus et les hiboux ne ululaient pas encore. Pas un son, si ce n'était, de temps à autre, le bruit sourd d'une prune mûre qui tombait dans l'herbe, ombre compacte parmi les ombres. La nuque lui faisait un peu mal à force de tenir les bras en l'air. Ses doigts fouillaient toujours les feuilles.
Elle sursauta lorsque le vendeur lui demanda ce qu'elle désirait. Elle cligna des yeux et regarda avec surprise les gants qui couvraient ses mains.
- Je voudrais l'un de ces grands chrysanthèmes, répondit-elle en se tournant vers le vase brun dans la vitrine.
Elle voyait les pommes et les poires, les oeufs et les morceaux de noix débordant de leurs corbeilles. Elle voyait par terre les navets pleins de terre, et à portée de main, les confitures et les bocaux de fruits. Si elle se conduisait de manière ridicule, si elle avait l'air d'une femme que l'on arrache à un de ses rêves favoris, le réveil au milieu de ses choses n'était toutefois pas désagréable. L'homme qui tenait la boutique avait un visage bienveillant. Il portait un tablier de jardinier, et ses mains étaient brunes et sèches, comme s'il avait travaillé la terre.
- Lequel voulez-vous, madame ? Demanda-t-il en tournant le bouquet de chrysanthèmes pour qu'elle pût choisir.
Elle regarda les grosses fleurs avec leurs têtes toutes frisées. Les pétales recourbés étaient d'un grenat profond au centre et d'un jaune fauve à l'extérieur. Là où la lumière tombait sur leur chair mince, le grenat brillait ardemment alors que le jaune fauve pâlissait comme s'il était légèrement coupé d'argent. Il lui tardait de pouvoir les caresser.
- Je crois que je vais tous les prendre, dit-elle.
- Ils sont superbes, répondit l'homme.
Il était content. Il n'espérait plus une aussi bonne cliente à cette heure tardive.
En lui rendant la monnaie sur son billet d'une livre et en lui tendant les chrysanthèmes enveloppés dans des feuilles de papier blanc fermées par des épingles, il lui donna aussi des branches de hêtre. Il précisa que qu'elles étaient comprises dans le prix. Laura les prit dans ses bras. Les grands éventails aux nervures oranges lui paraissaient encore plus beaux que les chrysanthèmes, sans doute parce qu'on les lui avait donnés, parce que c'était une surprise. Elle les sentit. Les branches avaient l'odeur de la forêt, une odeur de forêt bruissante et obscure comme celle à l'orée de laquelle elle se rendait si souvent à l'automne, dans ses rêves. Elle ne bougeait pas pour bien se pénétrer de ce qu'elle ressentait. Puis elle demanda:
- D'où viennent-elles ?
- De la région des Chenies, Madame, dans le Buckinghamshire. J'ai une soeur qui y habite. Tous les dimanches je vais la voir et je rapporte une brassée de feuillage.
Plus besoin de demander qui faisait les confitures et serrait les couvercles, Laura savait tout ce qu'elle voulait savoir. Sa route était toute tracée.