Boutons d'or, stellaires et myosotis.
Bienvenue au milieu des herbes folles et des fleurs qui se balancent sous le vent, là où des milliers de sauterelles bondissent à chacun de nos pas, là où l'ombre des nuages défile à toute allure, là où l'air, la terre, le feu et l'eau possèdent l'âme et enflamment l'imaginaire...
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5 mai 2014
14 juin 2013
Toutes les feuilles sont bonnes à dévorer !
Par un bel après-midi de juin
Dame Chenille avait un petit creux...
Elle a fini par trouver une page à son goût,
quitte à jouer les équilibristes.
Pourtant Dame Chenille n'avait pas l'estomac vide...
9 juin 2013
Un mot sur le bouton d'or
Avant de tenir ce blog je dois bien avouer que je ne prêtais pas beaucoup attention aux boutons d'or malgré ce si joli nom qui m'évoque l'ornement d'un précieux costume de conte. Des fleurs pourtant présentes partout : dans les champs, dans les jardins, au bord des routes et des chemins... Une fleur tellement présente que parfois on oublie de la regarder. Et comble de l'ironie cette "simple fleur des champs" si on se penche sur elle, se révèle difficile à photographier car trop... brillante !
Ce sont mes lectures qui, au fil du temps, ont attiré mon attention. Si d'aussi grands écrivains ont consacré d'aussi belles pages aux boutons d'or c'est bien qu'ils méritent qu'on s'arrête un instant pour les observer de près. Le premier à m'interpeller fut Proust dans "Du côté de chez Swann". Puis il y a eu les funérailles d'Emily Dickinson dans la Dame Blanche de Christian Bobin et tout dernièrement "Un bûcher sous la neige" de Susan Fletcher. Les chroniques de la prairie, me servent, entre autres, à réunir deux de mes passions : la contemplation de la nature et la lecture et je trouve merveilleux que ce soit en lisant que mes yeux se soient ouverts à la beauté des boutons d'or. D'ailleurs le point commun entre ces livres c'est, justement, cette attention aux beautés de la nature ...
31 mai 2013
Lumineux bouton d'or
Comme un rayon de soleil...
"Dans le glen, je me frayais un chemin à travers les boutons d'or et les herbes qui me montaient jusqu'aux genoux, et quand une tige s'accrochait entre mes orteils et se rompait, je me courbais pour sauver cette fleur. Je la glissais au coin de mon oreille ou l'emportais dans ma cabane. Pourquoi la laisser se faner sur la colline ? Si bien que pendant les mois d'été il y avait des fleurs chez moi, séchées ou presque, surtout des boutons d'or qui brillaient autant que des bougies, alors assise sous mon toit de chaume je pouvais me raconter que j'habitais un palais et comme ma salle était belle avec sa lumière dorée."
Un bûcher sous la neige - Susan Fletcher
27 mai 2011
Boutons d'or et funérailles champêtres
Boutons d'or dans la prairie
Six domestiques irlandais dont certains aidaient parfois Emily dans son travail auprès de ses rosiers – Dennis Scanlon, Orven Courtney, Pat Ward, Dennis Cashman, Dan Moynihan et celui qu'Emily appelait “le gracieux garçon d'écurie”, Stephen Sullivan – hissent le cercueil sur leurs épaules noueuses, passent la porte arrière dont les volets plaqués sur le mur de briques semblent deux ailes, et, après avoir traversé la grange aux ombres striées d'or, s'enfoncent dans les hautes herbes crépitant d'insectes, suivant les instructions données par Emily pour le jour de ses funérailles : qu'on aille au cimetière à travers champs, sans passer par la rue.
“Quand ce sera mon tour de recevoir une couronne mortuaire, je veux un bouton d'or.” Le souhait d'Emily est exaucé : le pré derrière la maison est brûlant de milliers de boutons d'or.
Christian Bobin - La dame blanche
(écrit en hommage à la poétesse Emily Dickinson)
Boutons d'or au bord de l'eau
22 mai 2011
Les boutons d'or
Ils étaient fort nombreux à cet endroit qu'ils avaient choisi pour leurs jeux sur l'herbe, isolés, par couples, par troupes, jaunes comme un jaune d'œuf, brillants d'autant plus, me semblait-il, que ne pouvant dériver vers aucune velléité de dégustation le plaisir que leur vue me causait, je l'accumulais dans leur surface dorée, jusqu'à ce qu'il devînt assez puissant pour produire de l'inutile beauté ; et cela dès ma plus petite enfance, quand du sentier de halage je tendais les bras vers eux sans pouvoir épeler complètement leur joli nom de Princes de contes de fées français, venus peut-être il y a bien des siècles d'Asie, mais apatriés pour toujours au village, contents du modeste horizon, aimant le soleil et le bord de l'eau, fidèles à la petite vue de la gare, gardant encore pourtant comme certaines de nos vieilles toiles peintes, dans leur simplicité populaire, un poétique éclat d'orient.
Marcel Proust - Du côté de chez Swann
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