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15 déc. 2013

Avant Noël...

C'est le moment de décorer la maison,
j'ai ramassé des branches de sapin qui sentent bon la résine,
ce parfum me rappelle toujours les noëls de mon enfance...


Je suis allée au marché de Noël où j'ai déniché
des merveilles, dont deux livres chez la bouquiniste :
Le premier, "Le grand livre des portraits d'animaux"
de Svjetlan Junakovic


Un livre de toute beauté, l'auteur revisite les chefs-d'oeuvre
 de la peinture avec nos amis les animaux, comme par exemple
ci-dessous "La brebis au turban bleu" ou "La brebis à la perle" !


Moi qui adore Albrecht Dürer j'ai été enchantée
par ce portrait, on y retrouve même la fameuse 
signature du peintre avec la date et tous les détails.
Si la plupart des portraits sont très connus certains m'échappent,
il va donc falloir, pour mon plus grand bonheur, que je me 
replonge dans les livres d'histoire de l'art.


Le deuxième, une dinguerie pas possible comme
je les aime. "Il n'y a pas d'autruches dans les contes 
de fées" de Gilles Bachelet, qui explique comme
son titre l'indique pourquoi il n'y a pas d'autruches dans les 
contes de fées. Hilarant !


L'autruche ne nage pas, ne vole pas, ne chante pas,
n'a pas la classe, elle ronfle et elle a les pieds
 qui dépassent du lit bref elle n'a rien pour être une
héroïne de conte digne de ce nom, par contre
elle a tout pour faire un livre génial !


Ah... La merveilleuse autruche de Nils Holgersson !
J'en pleure de rire...


J'ai aussi croisé la route d'un adorable bébé hérisson
qui tient dans le creux de la main ...


Puis j'ai craqué pour des boucles d'oreilles "Voici l'heure du thé".
D'un coté la théière de l'autre la tasse.
Il ne me reste plus qu'à me rendre chez le chapelier fou !


Pour finir je suis allée écouter les chants de Noël à l'église,
et j'y ai découvert cette merveilleuse berceuse, je n'ai pas
 trouvé une jolie version à vous faire écouter
alors voici seulement les paroles que je trouve
incroyablement apaisantes...

Quand la nuit se pose

Quand la nuit se pose, se pose, se pose 
Quand toutes les choses reposent sans bruit. 
Quand les paupières se closent, se closent, se closent, 
Comme une rose qui se replie ... 
J'aime ce moment, oui j'aime ce moment 
Où l'on dit doucement Bonne nuit, 
Bonne nuit, Bonne nuit.

4 mai 2013

L'aube

Le fait de voir le soleil se lever chaque jour
est en soi un éveil spirituel.

 Jon Kabat Zinn


La lune se couche après avoir fait sa ronde nocturne pour veiller les hommes. Les renards profitent de la douce lumière de l'aube pour retourner vers leur terrier. Leurs pattes sont jaunes du pollen des pissenlits et leur poitrail est recouvert de rosée.


Lovés aux creux de la terre, ils s'endorment enivrés par les parfums de la prairie et n'entendent plus les coucous lancer leurs appels de collines en collines, les chevreuils grignoter les jeunes 
feuilles de ronces le long des haies et les abeilles bourdonner dans les premiers rayons du soleil.


Les anémones, prés du ruisseau, frémissent sous la brise matinale.
 Leur blanc manteau de pétales a remplacé celui de la neige.
Sortant comme un mirage de la brume, des elfes évitent gracieusement de les écraser pour se rendre au bord de l'eau; c'est ainsi qu'ils se réveillent, en écoutant le chant de l'eau qui leur apporte
 les dernières nouvelles de la Terre.

24 janv. 2013

23 oct. 2010

Un tilleul


C'est un vieux tilleul qui trône au sommet d'une petite vallée où chante un ruisseau. C'est un arbre bienfaisant, on le ressent profondément en l'approchant. J'aime m'asseoir au creux de ses racines pour méditer, regarder le soleil se coucher ou lire un bon livre. Comme il est entouré de fougères on peut observer les environs sans être vu et quand il pleut son épais feuillage sert de parapluie géant. Souvent, j'aperçois des chevreuils qui dorment à son pied. Au printemps son parfum se répand dans les chemins et les bois au point d'enivrer les elfes pendant qu'ils récoltent les gentianes qui poussent aux alentours...

20 sept. 2010

L'allée au chevreuil


Par une belle matinée de cette fin d'été, les elfes et moi nous nous promenions tranquillement dans un chemin bordé d'arbres vénérables en chantant...

Aux marches du palais
Aux marches du palais
Y a une tant belle fille lonla,
Y a une tant belle fille.

Elle a tant d'amoureux
Qu'elle ne sait lequel prendre.

C'est un p'tit cordonnier
Qu'a eu sa préférence...

Quand, au bout de l'allée, nous avons aperçu un grand chevreuil. Il nous a regardé et nous avons pensé qu'il allait s'enfuir, mais non. Il nous a observé longuement et s'est remis à grignoter des brins d'herbe. Alors nous nous sommes assis sur des souches d'arbres et nous avons recommencé à chanter....
C'est en la chaussant
Qu'il lui fit sa demande.

La belle si tu voulais
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré
Couvert de toile blanche.

Aux quatre coins du lit
Un bouquet de pervenches....

Le temps s'est étiré, doux et tendre, dans une belle lumière dorée annonçant les couleurs de l'automne. Je crois que cela s'appelle un instant d'éternité.
Dans le mitan du lit
La rivière est profonde.

Tous les chevaux du roi
Pourraient y boire ensemble.

Et nous y dormirions
Jusqu'à la fin du monde .

16 mars 2010

La traversée de l'étang


Il arriva au bord de l'eau au moment où la lune était au plus haut de la nuit. Il marcha dans le marécage. Des nichées de canards s'envolaient et retombaient. Il entra dans l'eau et quand le froid toucha son ventre il mugit de plaisir. Alors, du fond du bois, la biche lui répondit. Il nagea vers le large de l'étang où la lune s'était écrasée et rebondissait en jets de lumière. L'eau froide battait ses babines et ses yeux. Ses jambes profondes fouillaient l'eau. De chaque pointe de ses sabots montaient des grappes de bulles, étincelantes comme des étoiles et sans cesse renouvelées. Les grosses carpes dormaient à fleur d'eau. Elles sautèrent en l'air toutes à la fois, faisant plus de bruit et d'écume qu'un autre cerf en train de nager et elles se mirent à fuir devant la bête. Elles ne pensaient pas à plonger mais elles nageaient en surface avec leur dos hors de l'eau. La lumière de la lune allumait leurs écailles que les petites vagues éteignaient sous de l'écume bleue.
Alors, le cerf sentit sous son ventre toute la profondeur de l'étang, une profondeur qui faisait poids et bloc sous lui et qui balançait la profondeur du monde dans la balance. Il vit des poissons longs qui semblaient verts, puis étaient blancs, sautaient rouges et se renfonçaient noirs avec de grandes gueules ouvertes sur des dents éblouissantes comme des scies. Il vit de grandes lianes immergées, féroces et souples comme des serpents et comme toutes faites en bois d'ombre, si puissantes qu'elles étaient remontées jusqu'à deux doigts de la surface, et on les sentait plantées dans le fond mortel de l'étang. Elles avaient de larges feuilles pâles. Il vit des petits poissons d'argent. Il vit des anguilles brunes. Il vit flotter des écrevisses. Il vit s'enfoncer, pattes repliées, une longue araignée d'eau maigre comme un fil de la Vierge mais qui traînait un chapelet de bulles d'air et dans chaque bulle d'air était enfermée une petite araignée toute neuve qui venait à peine de naître. Il vit un cadavre de rat tout mangé et un petit poisson qui tirait pour dérouler un bout de boyau. Il vit l'argent de l'écume qui pétillait dans ses babines. Il vit le grand globe des poissons, des plantes, des rats, des arbres, des biches et des cerfs.
Alors, il mugit.
Les renards s'arrêtèrent sur tous les chemins, écoutèrent, répondirent et se mirent à courir. Les blaireaux grognèrent. Les loutres commencèrent à miauler en s'aiguisant les griffes contre les troncs des saules, les hulottes s'appelèrent. Les écureuils crièrent dans les branches, les rats coururent comme des fous dans les marais en bousculant les roseaux, les canards s'envolèrent encore et retombèrent, les belettes, les mulots, les sauterelles, les lézards, les scarabées et les grands papillons de nuit crièrent; les couleuvres silencieuses dardèrent leurs têtes allumées au-dessus de leurs oeufs. Et la biche appela longuement, longuement, avec une grande voix chaude pleine d'amour.
Quand il prit terre de l'autre côté, le monde s'apaisait et peu à peu s'établit le silence. Il écouta. Il frissonnait. L'eau s'égouttait de ses poils, claquait sur les pierres du bord. Il traversa et retraversa l'étang plus de vingt fois, et, à la longue, tous les poissons allèrent s'enterrer au plus profond des trous et il fut tout seul dans l'eau avec le reflet de la lune. Et chaque fois il mugissait. Et chaque fois le vaste monde lui répondait. Enfin, vaincu de fatigue et si brûlant de joie qu'il fumait comme un brasier, il se coucha dans l'herbe. Le jour se levait. Il vit arriver la biche. Il ne pouvait plus bouger. Il ne voulait plus bouger. Il gémit vers elle. Elle vint lui lécher doucement le museau, soigneusement, de tous les côtés, comme s'il avait été un tronc d'érable ruisselant de sève douce. La clarté du jour monta et s'établit. La biche entra dans l'eau et nagea le long du bord. Quand elle fut bien mouillée, elle revint se coucher près du cerf, elle poussa sa tête près de la grosse tête haletante, aux yeux joyeux, elle se plaça, babine contre babine pour pouvoir respirer l'air qu'il respirait, et ils s'endormirent.

Que ma joie demeure
Jean Giono