7 oct. 2010

Le pays où l'on arrive jamais - André Dhôtel


Gaspard est élevé par sa tante dans un petit village des Ardennes. Celle-ci, qui a une véritable terreur des “originaux”, a souhaité qu'il soit élevé loin de ses parents forains. Mais, au grand dam de cette dernière, Gaspard a le don de provoquer toutes sortes de catastrophes autour de lui. Un jour, il rencontre un enfant fugitif qui cherche “son pays” et se retrouve entraîné dans une aventure merveilleuse...
J'ai véritablement eu l'impression de lire mes rêves, comme si j'avais trouvé le livre où ils étaient consignés : chevauchées fantastiques au coeur de forêts traversées d'allées mystérieuses, orages somptueux, châteaux en ruines aux pièces remplies de costumes, de masques, des personnages fantasques (dont un collectionneur de moustaches de chats, vous apprendrez ainsi que les moustaches très longues sont signes de fierté et que les courtes montrent l'arrogance)... Ce livre est une ode aux originaux, aux rêveurs, à la diversité de la nature et des êtres, au nomadisme, à l'errance, à la nature sauvage, aux mystères...
“Dès lors, le garçon n'eut plus aucun désir de sauter, et il lui semblait qu'il était comme attaché au cheval, et qu'il ne devait sous aucun prétexte lâcher prise. Après avoir parcouru une immense futaie de hêtres, ils arrivèrent dans une allée bordée de chênes dont les feuillages énormes s'élevaient vers un ciel maintenant nuageux. Après les chênes, il y eut des taillis obscurs, puis d'autres taillis clairsemés qui étaient peuplés de sorbiers et ornés de chèvrefeuille. Plus loin, des genêts avec des bouleaux. On traversa aussi une forêt d'épicéa où le cheval glissa sans bruit dans un sentier couvert d'aiguilles. Gaspard apprit donc qu'il n'y a pas une forêt mais mille forêts dont pas une ne ressemblait à celle de Lominval. Il passa dans des sous-bois marécageux où les herbes pâles et les campanules s'élevaient au milieu des ombres. Un autre bois était fait presque uniquement de peupliers morts, après quoi on découvrait une clairière emplie de fleurs rouges et de myosotis. C'est impossible de tout décrire. Comme on traversait des rocailles semées de bruyères, les fers du cheval lancèrent des étincelles et ce fut à ce moment que l'orage éclata.”

Ce fut un enchantement de lire ce livre dans les bois d'automne au milieu des premières feuilles tourbillonnantes...


7 commentaires:

  1. Zou et d'autres8 octobre 2010 à 08:28

    Un jour tu vas t'envoler dans un carosse de citrouille. Elfe parmi les elfes.
    Mon chat a une fracture de moustache, c'est dingue. Une moustache comme pliée net. Sans doute une autre vie, un soir d'orage..

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  2. M'envoler dans une citrouille... mais je l'ai déjà fait en flânant chez toi !!! Une fracture de moustache ? Eh bien c'est le moment de commencer ta collection !!!

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  3. J'ai ressorti mon exemplaire et me suis plongée à nouveau dans quelques extraits.Quel plaisir...ce livre est une référence pour Christian Bobin. Si je vais en forêt ce week-end, je l'emporte avec moi.
    Ces extraits m'ont donné l'envie de relire Giono "Que ma joie demeure" et "L'homme qui plantait des arbres".J'ai eu la chance de visiter El Paraïs, la maison de Jean Giono en compagnie de Pierre Citron, un voyage littéraire inoubliable.Belle soirée Mingigi.

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  4. Mingingi...pourquoi ce "n" en moins!

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  5. Ce livre est une référence pour Christian Bobin !!! Je l'ignorais !!! Il faut absolument que je lise Bobin, les interviews de cet homme m'enchantent. C'est vrai que l'univers "du pays" est proche de "que ma joie demeure".

    Belle soirée à toi aussi Mirontaine !

    Mingigi !?! ma foi, c'est plutôt rigolo, ça fait un peu danseuse de cabaret, non ?

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  6. merci beaucoup de cette présentation de livre je vais le mettre en index beau week end et merci pour les oiseaux grosses bises

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  7. Frankie c'est toujours pour moi un plaisir de faire découvrir de bons livres.

    Bon week-end

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Chaque petit brin d'herbe déposé fait verdir la prairie de plaisir !