13 avr. 2014

Les vieux prunelliers





Les vieux prunelliers sont recouverts de lichen, et comme nous sommes au printemps, de fleurs aussi ! Il se dégage d'eux un mélange de sagesse et de vitalité qui, sous le chaud soleil de l'après-midi, se retrouve dans le nuage parfumé qui les entoure.




10 avr. 2014

Des fleurs ou des étoiles ?




Depuis la nuit où je suis allée m'asseoir sous un cerisier je ne sais plus bien faire la différence. A la lueur de la lune je respirais tranquillement le parfum des fleurs pour l'amener doucement au plus profond de moi. Au loin je percevais le son d'une cascade et un renard solitaire. J'ai levé les yeux au ciel, je pouvais apercevoir les étoiles entre les fleurs et, peu à peu, les étoiles et les fleurs se sont mélangées et les fleurs sont devenues étoiles et les étoiles des fleurs. Je ne sais pas comment c'est arrivé, je sais seulement qu'au bout d'un moment je n'ai plus été capable de faire la différence. Était-ce l'arbre qui était couvert d'étoiles et le ciel parsemé de fleurs de cerisiers ou l'inverse ? Un peu comme si une pluie d'étoiles filantes avait traversée l'atmosphère pour se poser sur les branches de l'arbre et les fleurs s'étaient envolées pour s'éparpiller dans l'univers...

6 avr. 2014

Un océan d'air


Comme les poissons vivent dans un océan d'eau sans en avoir conscience (du moins on le suppose) nous vivons dans un océan d'air tout aussi inconsciemment.
Ce texte de Jon Kabat-Zinn a été une révélation pour moi. Je l'ai légèrement modifié pour mieux l'adapter à ma pratique du Qi Gong qu'il a grandement enrichie, car il apprend tout simplement à se mouvoir dans l'air. L'original s'appelle “Paysage aérien “ et se trouve dans le livre “L'éveil des sens”.


"Imaginez vous sous l'eau. Mais parfaitement capable de respirer.
Bougez lentement la main et le bras.
Sentez l'eau qui ruisselle autour de vos bras, entre vos doigt, tout autour de votre main.
Sentez une fluidité dans le mouvement, comme si votre bras et votre main étaient dotés d'une vie nouvelle. Ils semblent flotter et onduler. Il suffit de les imaginer, de les sentir fluides, pour que ces gestes lents, naturellement élégants deviennent effectivement plus fluides.
Sentez comme vos mouvements sont plus libres, plus gracieux, dénués d'efforts.
Procédez progressivement de la même façon avec le reste du corps. Devenez un ruban de laminaire ondoyant en rythme dans un banc de laminaires ondoyant dans l'océan.
Laissez votre corps bouger librement et sentez les courants qui l'entourent, l'incitant à réagir à sa façon dans le fluide dans lequel il est immergé.
En réalité, nous vivons bien au fond d'un océan, mais un océan d'air.


Continuez de bouger aussi lentement que précédemment tout en sentant cet océan d'air avec votre peau. Sentez le ruissellement de l'air autour de vos doigts et de vos mains. Tout en vous installant de plus en plus confortablement dans votre corps et en lui appliquant une conscience de plus en plus claire, laisser-le se mouvoir seul, à sa manière, en notant combien la sensation de corps en mouvement se confond instantanément avec l'essence même du Tai-Chi, un mouvent fluide au sein de l'immobilité, au sein d'un océan de claire conscience, d'un océan d'air. Immobilisez-vous lentement et sentez l'air de tout votre corps. L'air est déjà autour et à l'intérieur de vous. Voyez comme vous êtes déjà ancré dans ce fluide, comme il vous caresse, vous enveloppe. Voyez comme vous êtes mystérieusement poussé à l'attirer en vous, encore et encore. Sentez comment il circule en vous.
Profitez de ce moment pour vous situer consciemment dans le paysage aérien.
Quel cadeau que cette invitation à sentir ce qui nous est déjà offert, à percevoir que nous sommes en permanence étreints et nourris par l'esprit d'Ariel, l'air même, qu'à tout moment nous le touchons et sommes touchés par lui. Nous respirons et sommes respirés. Nous vivons dans l'air, tels les personnages de Chagall. Le voici chaud. Le voilà frais. Tantôt en mouvement, tantôt immobile..."


"L'air ! L'air ! Je regarde la rangée de ciguës qui se balancent, accomplissent leurs mouvements de Tai-Chi. Je sens le même air à présent sur mon dos, mes épaules et mon cou. Nous voici unis, touchés, par la même vague, chacun bougé et bougeant à sa façon, mais aussi joints dans un échange plus vaste, auquel toute vie, toute plante, tout animal participent à tout moment par-delà la planète, un échange entre ces grands royaumes vivants à l'échelle cosmique, un recyclage et une revitalisation de l'air qui nous recycle et nous revitalise par la même occasion."


Voici une vidéo que j'adore et qui illustre bien le propos, ce n'est pas une forme de Qi Gong que je pratique (personnellement je pratique le Shibashi et la Fille de Jade), mais la beauté qui en émane est une véritable source d'inspiration, elle est très apaisante, comme quoi nos gestes ont un impact fort et les rendre plus gracieux, élégants et poétiques est important... J'ai beaucoup de mal à pratiquer à l'intérieur, le froid, la pluie et même la nuit ne m'arrêtent pas, il faut vraiment des conditions extrêmes pour m'empêcher de faire du Qi Gong dehors. Faire ces lents mouvements en haut d'une colline pendant que l'ombre des nuages défile, me sentir ancrée dans la Terre et reliée au Ciel immense, dans les parfums du printemps, entourée de chants d'oiseaux, sous la pleine lune ou bien encore en sentant une pluie fine sur ma peau me donne une sensation de force et d'unité rare...

24 mars 2014

L'arbre aux corbeaux

L'arbre aux corbeaux - Caspar David Friedrich
Je profite de ce que le gâteau que je viens de préparer est au four pour sortir prendre l'air et admirer le soleil qui se couche. Au bout d'un moment j'aperçois un corbeau sur la branche d'un chêne. Il était là depuis le début, silencieux et invisible, mais l'arrivée au loin de ses compagnons, le fait s'ébrouer.
J'ai l'impression d'avoir déjà vu cette scène quelque part...
Même ciel, mêmes couleurs, des corbeaux, un chêne... C'est bien ça, il n'y a aucun doute possible je me trouve au coeur même du tableau de Caspar David Friedrich "L'arbre aux corbeaux"!
Comment appelle-t-on ça ? Ah oui, un instant de grâce.

9 mars 2014

La Princesse des Champs


Ces derniers temps Dame Tartine était dans ses petits souliers car nous avons reçu en grande pompe la Princesse de Champs. Il a fallu établir le menu, entièrement à base de flouve odorante, faire briller les couverts, vérifier les nappes, réfléchir au plan de table (un vrai casse-tête comme toujours). Dame Tartine s'est assurée de l'éclat des verres en les observant minutieusement à la lumière du soleil pendant des heures, au risque d'y laisser ses yeux... Mais tout ce travail a été largement récompensé car la princesse s'est déclarée enchantée. Dame Tartine va pouvoir souffler un peu...

13 févr. 2014

Nids de vaches


Le foin n'est pas qu'un délicieux repas.


Il sert aussi à se mettre les pattes au sec et au chaud.


Et rien n'empêche d'en grignoter quelques brins au passage !