13 févr. 2009

Les 7 plumes de l'aigle


"-Ferme les yeux, écoute le bruit de ton souffle et tente de goûter l'épice.
-L'épice ?
-Ce qui fait que la vie ne passe pas pour rien."
Voici un livre dont le souffle m'accompagne depuis longtemps. Il s'agit de l'initiation de Luis Ansa (qui depuis à écrit des livres sous son nom) auprès de grands chamans-sorciers (c'est ce dernier mot qu'il emploie) en Amérique du Sud. Ici, pas de substances aux effets bizarres, non, ce qui me plaît dans ce livre c'est ce mélange d'enseignements tel que le contrôle du souffle, de l'attention, additionné d'un zeste de folie furieuse ! Une folle sagesse en quelque sorte ! Et pour cause : " Le monde, l'existence, les rencontres de hasard, ce qui arrive ou n'arrive pas, tout cela est-il raisonnable ? " C'est un livre qui secoue, qui réveille, qui nous sort de notre indifférence, qui émerveille. Voici un extrait :
"L'important ce n'est pas Viracocha, c'est ta capacité de de capter sa puissance, qui seule permet de transformer les choses. Non pas pour te servir d'elles, mais pour les épanouir, pour les faire entrer dans la dignité de la vie, dans la jouissance de la vie, et pour y entrer avec elles. Mais toi tu penses. Ce que tu crois être ton intelligence te dit ce qui est possible et ce qui est impossible. Mais ce n'est pas ta véritable intelligence qui te dit cela, c'est seulement la minuscule expérience que tu as du monde. Viracocha ne pense pas, il n'est pas intelligent, il ne se perd pas dans les idées du monde, lui. Il donne la vie, et il jouit de cela. Il aime cela. Ne cherche pas Viracocha dans le ciel, dans les temples. Reste dans ton corps, dans ton sentir. C'est là qu'il est. Et permet lui de sortir, de temps en temps. Tu verras ce qu'il est capable de faire. Tu sais ce qu'il a fait pour moi?
-Non,Chura. Dites.
-Il m'a donné un plumage de renard. Touche.
Il m'a tendu sa nuque, pour que je palpe son plumage de renard. Je suis resté la bouche ouverte, à ne savoir que faire. J'ai avancé la main et j'ai dit, bêtement :
-Mais, Chura, les renards n'ont pas de plumes.
Le coup d'oeil qu'il m' a jeté m'a cloué contre le roc où nous étions assis. Il m'a dit :
-Qui es-tu, toi, pour décider ce qui est ou ce qui n'est pas ? Si tu avais été moins idiot, si tu avais eu ne serais-ce qu'une étincelle de sorcellerie, sais-tu ce que tu aurais dit ? Tu aurais dit : "Et si c'était vrai ? " Et tu aurais senti ta poitrine s'ouvrir, ton ventre rire, ton corps chanter jusqu'au bout des ongles. Imbécile, tu aurais fait plaisir à Viracocha, et Viracocha t'aurait lavé le coeur, il t'aurait donné de la joie, des forces toutes neuves. (...) Respire bien."Et si c'était vrai ?" Goûte ces mots."
Et puis bien sûr c'est Henri Gougaud qui raconte... c'est magnifiquement écrit.

 Les 7 plumes de l'aigle - Henri Gougaud - éditions Points

7 commentaires:

  1. J'ai moi aussi beaucoup aimé ce livre, il y a des années.
    Et je me souviens avoir lu juste avant ou après un autre livre qui m'a beaucoup touché et que j'ai souvent recommandé : "César l'éclaireur" de Bernard Montaud.
    Tu le connais ?

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  2. Non,je ne connais pas le livre, mais j'ai lu ce qui doit être des extraits dans le magazine Nouvelles Clés, ça m'a bien plu.J'y penserai lors de ma prochaine visite à la librairie ...

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  3. Ne cherche pas Viracocha dans le ciel ou dans les temples. Reste dans ton corps, dans ton sentir. Comme cela ressemble au sens corporel du Focusing, la voie que je suis... tout se recoupe, le souffle, le corps, nous avons tout en nous, La vie en nous. Je suis heureuse de partager cela avec toi, avec Christian, avec d'autres.

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  4. Sourire j'ai découvert le focusing sur ton blog c'est très intéressant, en effet ! ça me fait aussi penser à la cohérence cardiaque, respirer avec son coeur... on découvre des trésors en soi qui souvent ne demande qu'à être éveillé par notre souffle et notre attention. Nul ne sait ce que peut le corps disait Spinoza. J'aime beaucoup cette phrase...:)

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  5. Encore un très bon choix ! Décidément, on a les mêmes lectures. Je l'ai aussi lu plusieurs fois. Une mine d'or !

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  6. Oui,c'est bien le mot : une mine d'or !

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Chaque petit brin d'herbe déposé fait verdir la prairie de plaisir !